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vendredi 21 juillet 2017

Caussimon - Ma mère



Ecouter sur DEEZER
Composition : Eph Robberecht - Raymond Jos
Interprète : Jean-Roger Caussimon




Jean-Roger Caussimon - (1918-1985)


Ma mère

Les matins où le jour se lève
Avec mauvaise volonté
Lorsque je m'entonne du thé
Pour me désengluer d'un rêve,
Par ces matins de bouche amère
Où le suicide a des attraits
Sans que j'en puisse voir les traits
Auprès de moi se tient ma mère.

Elle est venue du cimetière
Où l'an mil neuf cent trente-six
Après un bref De Profundis
On l'a couchée dessous la pierre,
Moi qui la croyais feuille morte
L'humus d'où jaillit le printemps,
Voilà qu'après plus de trente ans
Elle a bien su trouver ma porte

Elle me regarde en silence
Sans avoir contour ni linceul,
Je fais bien semblant d'être seul
Mais je me heurte à sa présence,
Je ne suis plus cet enfant sage
Qu'elle avait nourri de son sein
Pourquoi vient-elle ? En quel dessein ?
Et pour me dire quel message ?

Dis-moi, viens-tu chercher mon âme
Ou simplement la surveiller ?
Mes enfants vont se réveiller
Et je dois réveiller ma femme,
Va-t'en maman, le jour va poindre,
Un jour de plus, un jour de moins,
Entre nous soit dit, sans témoin,
Je me prépare à te rejoindre.



Du même auteur :
Le funambule
Le temps du tango
Ma mère
Nous deux
Nuits d'absence
Ostende

jeudi 20 juillet 2017

Guillaume de Machaut - Riches d'amour


          Interprété par l'ensemble Capilla Flamenca: - Jan Caals: Contre-ténor




Guillaume de Machaut - (vers 1300-1377)


Riches d'amour

Riches d'amour et mendians d'amie,
Povres d'espoir et garnis de desir,
Pleins de dolour et disiteus j'aÿe,
Loing de merci, familleus de merir,
Nus de tout ce qui me puet resjoïr
Sui pour amer et de mort en paour,
Quant ma dame me het et je l'aour.

Ni n'est confors de ma grief maladie
Qui me peüst de nulle part venir,
Car une amour s'est en mon cuer nourrie
Dont je ne puis joïr ne repentir
Ne vivre lié ne morir ne garir
Ne bien avoir fors languir à dolour,
Quant ma dame ne het et je l'aour.

Mais le voloir de si douce anemie
Vueil humblement et liement souffrir,
Car grant honnour m'est par li ottroïe
Contre son gré, quant je l'aim et desir.
Et s'Amour vuet que je doie fenir
Pour li amer, ce sera mon millour,
Quant ma dame ne het et je l'aour.



Du même auteur :
De Fortune me dois plaindre et louer
Douce dame jolie
J'am miex languir
Ma fin est mon commencement
Phyton le Mervilleus serpent
Plus dure qu'un dyamant
Riches d'amour et mendians d'amie
Rose, liz, printemps, verdure
Tres douce dame que j'aour

mercredi 19 juillet 2017

Ronsard - Aller en marchandise aux Indes précieuses


Ecouter la version chantée
par Colombe Frézin et Serge Bouzouki
Composition : Serge Renard
- Diffusé par DEEZER -




Pierre de Ronsard - (1524-1585)

Amours diverses


Aller en marchandise aux Indes précieuses

Aller en marchandise aux Indes précieuses
Sans acheter ni or ni parfum ni joyaux,
Hanter, sans avoir soif, les sources et les eaux,
Fréquenter sans bouquets les fleurs délicieuses,

Courtiser et chercher les Dames amoureuses,
Être toujours assise au milieu des plus beaux
Et ne sentir d’Amour ni flèches ni flambeaux,
Ma Dame, croyez-moi, sont choses monstrueuses.

C’est se tromper soi-même : aussi toujours j’ai cru
Qu’on pouvait s’échauffer en s’approchant du feu
Et qu’en prenant la glace et la neige on se gèle.

Puis il est impossible, étant si jeune et belle,
Que votre coeur gentil d’Amour ne soit ému,
Sinon d’un grand brasier, au moins d’une étincelle.


mardi 18 juillet 2017

Ronsard - Voici le bois


Ecouter la version chantée
Interprétation : MeeAe Nam
Composition : Théodore Gouvy
- Diffusé par DEEZER -




Pierre de Ronsard - (1524-1585)

Le premier livre des amours


Voici le bois

Voici le bois que ma sainte Angelette
Sur le printemps réjouit de son chant :
Voici les fleurs où son pied va marchant
Quand à soi même elle pense seulette.

Voici la prée et la rive mollette ,
Qui reverdit de sa main la touchant
Quand pas à pas en son sein va cachant
Le bel émail de l'herbe nouvelette.

Ici chanter, là pleurer je la vis,
Ici sourire, et là je fus ravi
De ses discours par lesquels je desvie:

Ici s'asseoir, là je la vis danser :
Sur le métier d'un si vague penser,
Amour ourdit les trames de ma vie.



Ecouter la version chantée
Interprétation : Yaron Windmüller
Composition : Théodore Gouvy
- Diffusé par DEEZER -

lundi 17 juillet 2017

Musset - Conseils à une parisienne


        Francine Lorée - 1908 - Disques APGA

Ecouter sur DEEZER
Interprétation : Marie Maya
Composition : Serge Kerval




Alfred de Musset - (1810-1857)


Conseils à une parisienne

La partie chantée est en bleu

Oui, si j'étais femme, aimable et jolie,
Je voudrais, Julie,
Faire comme vous ;
Sans peur ni pitié, sans choix ni mystère,
A toute la terre
Faire les yeux doux.

Je voudrais n'avoir de soucis au monde
Que ma taille ronde,
Mes chiffons chéris,
Et de pied en cap être la poupée
La mieux équipée
De Rome à Paris.

Je voudrais garder pour toute science
Cette insouciance
Qui vous va si bien ;
Joindre, comme vous, à l'étourderie
Cette rêverie
Qui ne pense à rien.

Je voudrais pour moi qu'il fût toujours fête,
Et tourner la tête,
Aux plus orgueilleux ;
Être en même temps de glace et de flamme,
La haine dans l'âme,
L'amour dans les yeux.

Je détesterais, avant toute chose,
Ces vieux teints de rose
Qui font peur à voir.
Je rayonnerais, sous ma tresse brune,
Comme un clair de lune
En capuchon noir.

Car c'est si charmant et c'est si commode,
Ce masque à la mode,
Cet air de langueur !
Ah ! que la pâleur est d'un bel usage !
Jamais le visage
N'est trop loin du coeur.

Je voudrais encore avoir vos caprices,
Vos soupirs novices,
Vos regards savants.
Je voudrais enfin, tant mon coeur vous aime,
Être en tout vous-même...
Pour deux ou trois ans.

Il est un seul point, je vous le confesse,
Où votre sagesse
Me semble en défaut.
Vous n'osez pas être assez inhumaine.
Votre orgueil vous gêne ;
Pourtant il en faut.


Je ne voudrais pas, à la contredanse,
Sans quelque prudence
Livrer mon bras nu ;
Puis, au cotillon, laisser ma main blanche
Traîner sur la manche
Du premier venu.

Si mon fin corset, si souple et si juste,
D'un bras trop robuste
Se sentait serré,
J'aurais, je l'avoue, une peur mortelle
Qu'un bout de dentelle
N'en fût déchiré.

Chacun, en valsant, vient sur votre épaule
Réciter son rôle
D'amoureux transi ;
Ma beauté, du moins, sinon ma pensée,
Serait offensée
D'être aimée ainsi.

Je ne voudrais pas, si j'étais Julie,
N'être que jolie
Avec ma beauté.
Jusqu'au bout des doigts je serais duchesse.
Comme ma richesse,
J'aurais ma fierté.

Voyez-vous, ma chère, au siècle où nous sommes,
La plupart des hommes
Sont très inconstants.
Sur deux amoureux pleins d'un zèle extrême,
La moitié vous aime
Pour passer le temps.

Quand on est coquette, il faut être sage.
L'oiseau de passage
Qui vole à plein coeur
Ne dort pas en l'air comme une hirondelle,
Et peut, d'un coup d'aile,
Briser une fleur.



vendredi 14 juillet 2017

Jean-Pierre Lang - Elle est d'ailleurs


                        Composé et interprété par Pierre Bachelet

Ecouter sur DEEZER
Interprétation : Pierre Bachelet
Composition : Pierre Bachelet




Jean-Pierre Lang - (1936 - )


Elle est d'ailleurs

Elle a de ces lumières au fond des yeux
Qui rendent aveugle ou amoureux
Elle a des gestes de parfum
Qui rendent bête ou rendent chien
Et si lointaine dans son coeur
Pour moi, c'est sûr, elle est d'ailleurs

Elle a de ces manières de ne rien dire
Qui parlent au bout des souvenirs
Cette manière de traverser
Quand elle s'en va chez le boucher
Quand elle arrive à ma hauteur
Pour moi, c'est sûr, elle est d'ailleurs

Et moi je suis tombé en esclavage
De ce sourire, de ce visage
Et je lui dis emmène moi
Et moi je suis prêt à tous les sillages
Vers d'autres lieux, d'autres rivages
Mais elle passe et ne répond pas
Les mots pour elle sont sans valeur
Pour moi, c'est sûr, elle est d'ailleurs

Elle a de ces longues mains de dentellière
A damner l'âme d'un Vermeer
Cette silhouette vénitienne
Quand elle se penche à ses persiennes
Ce geste je le sais par coeur
Pour moi, c'est sûr, elle est d'ailleurs

Et moi je suis tombé en esclavage
De ce sourire, de ce visage
Et je lui dis emmène-moi
Et moi je suis prêt à tous les sillages
Vers d'autres lieux, d'autres rivages
Mais elle passe et ne répond pas
L'amour pour elle est sans valeur
Pour moi, c'est sûr, elle est d'ailleurs



Du même auteur :
Elle est d'ailleurs
Fais-moi un signe
Partis avant d'avoir tout dit

jeudi 13 juillet 2017

Emmanuel d’Astier de la Vigerie - La complainte du partisan


                        Composé et interprété par Anna Marly

Une version plus fidèle au texte d'origine
Interprétation : Marcel Mouloudji
Composition : Anna Marly
- Diffusé par DEEZER -




Emmanuel d’Astier de la Vigerie - (1900-1969)


La complainte du partisan

Les Allemands étaient chez moi
On m'a dit: "Résigne-toi"
Mais je n'ai pas pu
Et j'ai repris mon arme

Personne ne m'a demandé
D'où je viens et où je vais
Vous qui le savez
Effacez mon passage

J'ai changé cent fois de nom
J'ai perdu femme et enfant
Mais j'ai tant d'amis
Et j'ai la France entière

Un vieil homme dans un grenier
Pour la nuit nous a cachés
Les Allemands l'ont pris
Il est mort sans surprise

Hier encore nous étions trois
Il ne reste plus que moi
Et je tourne en rond
Dans la prison des frontières

Le vent passe sur les tombes
La liberté reviendra
On nous oubliera!
Nous rentrerons dans l'ombre


mercredi 12 juillet 2017

Jean-Pierre Lang - Fais-moi un signe



Ecouter la version chantée
Interprétation : Gerard Palaprat
Composition : Patrick Lemaître
- Diffusé par DEEZER -




Jean-Pierre Lang - (1936 - )


Fais-moi un signe

Je suis devant un mur blanc
Mais je sais que tu es présent
Alors fais-moi un signe
Apparais je t'attends.

Je ne te demande rien,
Rien qu'un seul geste de la main
Alors fais-moi un signe
Montre-moi le chemin.

Dis-moi seulement lève-toi
Et j'irai où tu me diras
Les pieds nus dans la neige
Fais-moi un signe...

Devant ce mur blanc de chaux
De tes yeux azur-indigo
Alors fais-moi un signe
Fais couler un ruisseau.

Ecris ton nom noir sur blanc
De ce bout de charbon brûlant
Alors fais-moi un signe
Je suis prêt maintenant.

Ca restera entre nous
Mais je n'aurai plus jamais froid
Les pieds nus dans la neige
Fais-moi un signe...

Qui que tu sois
Jésus, Bouddha
Râmakrishna
Fais-moi un signe...



Du même auteur :
Elle est d'ailleurs
Fais-moi un signe
Partis avant d'avoir tout dit